Histoire de cuillère en plastique

image_pdf

D’une cuillère en plastique, Greenpeace arrive à une superbe réflexion. Ils sont vraiment très fort pour communiquer, bien que cette vidéo (1’55) date un peu (septembre 2017), c’est une très bonne observation sur notre façon d’aborder les problèmes. Les miens, ceux des autres et ceux de l’humanité.

VISIONNEZ, vous ne regrettez pas !

Cette démonstration est brillante et révélatrice de notre indifférence sur les conséquences de nos choix journaliers. Toutefois, je pense qu’il faut un peu tempérer la comparaison cuillère plastique – cuillère métallique.

Cuillère plastique

Généralement à usage unique et c’est cela qui pose le plus gros du problème. La vidéo met très cela en perspective, mais si vous faites comme nombre de personnes, qui lavent ces cuillères en plastique et les réutilisent, le bilan est-il toujours le même ?

Non, bien sûr, mais le lavage et la réutilisation du plastique peut poser quelques problèmes de santé et de pollution des eaux. De toutes les façons il semble bien que l’Europe est décidée à supprimer ces objets à usage unique. La plupart de ces ustensiles mono-utilisation sont en PS (Polystyrène). C’est un plastique qui peut se recycler, mais peu d’objets sont recyclés en réalité, on les retrouve en fin compte dans les océans (>80%).

Cuillère en métal

Pour obtenir de l’acier, il faut aussi remuer beaucoup de terre, extraire l’oxyde de fer puis le traiter, voir l’article “acier, l’alliage méconnu“. Comme son nom l’indique, on extrait de l’oxyde de fer, donc du fer et de l’oxygène, que l’on doit séparer. Quel est le meilleur élément pour réaliser cela ? Le carbone ! Ce qui n’est pas très performant pour diminuer notre empreinte carbone. Donc pour obtenir de l’acier :

Cuillére, cycle production acier

Le grand avantage c’est que si on laisse un morceau d’acier dans la nature, il est “bio-dégradable”, en fait les atomes de fer se relieront aux atomes d’oxygène de l’eau et notre cuillère  en acier se retrouvera en oxyde de fer (la rouille) ce qu’elle était à l’origine. Tout va bien ! ………. Pas tout à fait ! Pourquoi ?

On aura, quand même, dépensé énormément d’énergie pour extraire, fabriquer et transporter cette cuillère, c’est le premier problème. Le deuxième est plus “sournois”, vous n’achetez pratiquement pas de cuillères en acier mais très probablement celles en acier inoxydable. Ahhh oui ! Et qu’est ce ça change ?

Acier inoxydable

C’est un acier qui est composé d’acier (celui dont on parlait au début) auquel on a ajouté d’autres composants comme du chrome, du molybdène, du nickel, du titane etc ….. ça change le problème du retour à la nature. Son recyclage est aussi nettement plus compliqué qu’un simple acier au carbone.

Conclusion

Fabriquer une cuillère pour une utilisation unique est de l’hérésie, et je n’arrive toujours pas à comprendre comment cela est possible économiquement ! Il est vrai que nos méthodes de comptabilité qui ne tiennent pas compte des ressources naturelles et des retours à la nature, elles sont vraiment hors contexte ! La vraie valeur des objets, peut-être un jour 🙄

Peut-on vraiment conclure, je ne le pense pas, mais ce qui est sûr, chaque action à une conséquence, et je vous invite à réfléchir sur cette vidéo de Greenpeace ! Pour terminer, une petite mise en parallèle des chemins de création.

Cuillère, comparaison cycles production plastique-acier