Phtalates, BPA et nous, et nous ……

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Le plastique qui nous entoure interagit avec nous, on absorbe des produits comme les phtalates ou le BPA, ça c’est sûr. Mais à quel point ?

La vidéo (26’04), de ARTE Découverte, qui est disponible sur YouTube depuis 8 septembre 2019, bien qu’elle date de 2017 (pas sûr ?), m’a fait prendre conscience que notre “ingurgitation” quotidienne de produits disons “peu recommandés”, par le simple fait que le plastique nous entoure.

 Je vous conseille de la visionner cette émission et pour ceux qui n’ont pas le temps, vous trouverez ci-après un résumé de la partie du test sur les humains.

Le test de l’empreinte du plastique

La première chose à dire qu’il n’est pas possible d’extrapoler à l’ensemble des humains, le nombre très faible de personnes impliquées (6-7), le lieu de vie et les habitudes du pays font que cela ne permet pas une extension du résultat, mais néanmoins et au vu du résultat, la diminution de la concentration de 50% en un mois est vraiment impressionnante.

Une famille allemande décide d’éliminer le plus de plastique possible de leur environnement (maison) et ils essayent de vivre sans plastique pendant un mois. On mesure la concentration dans leur urine de trois composants, des additifs aux plastiques (Phtalates, Bisphénol A et retardateurs de flamme) avant et après. L’image ci-dessous, tirée de l’émission,  résume à elle seule cette expérience.

Phtalates, BPA et ingnifuges, résultat

Rappel sur les plastiques

Pour comprendre les plastiques en général il faut se souvenir qu’en fait sous ce terme c’est un composé de :

Polymère +  additifs

Polymère : résine, c’est l’élément de base, le PVC par exemple.
Additifs : renfort, colorants, lubrifiants, nanomatériaux, anti-chocs, etc.. Ils peuvent représenter plus de 50% du plastique final. Pour être plus juste vous avez divers termes comme adjuvant, charge, etc., mais au final ce sont simplement des substances additionnées.
Exemple d’additifs : les phtalates, le bisphénol A et les ignifugeants (retardateur de flamme)

Phtalates

On ne peut pas présenter une molécule, car les phtalates sont très nombreux, plus d’une centaine, mais environ moins de vingt posent problème. Ces substances se trouvent en majorité dans les PVC que l’on retrouve partout. La polyvalence du PVC implique, pour sa fabrication, l’utilisation d’additifs dont des plastifiants par exemple et certains phtalates, qui peuvent être des plastifiants, créent polémiques. Bonne nouvelle, il existe des substituts au PVC dans énormément de cas et de plus ce sont des produits bien connus comme le verre, l’argile, le linoléum, etc. Le PVC, comme son nom l’indique polychlorure de vinyle, à un autre gros inconvénient, il contient du chlore ce qui peut poser tout de sorte de soucis.

Autre point qui ne plaide pas en faveur du PVC, l’un des sous-produits de sa fabrication est la dioxine. Chacun peut se souvenir des problèmes qu’un tel produit peut induire, par exemple Seveso pour les Européens.

Greenpeace a élaboré une pyramide concernant les plastiques des plus acceptables pour l’environnement au plus agressif, et “curieusement” le PVC trône au sommet.

Phtalates, BPA et ingnifuges, pyramid plastic de Greenpeace

Ces phtalates, vous les trouvez partout, dans les plantes, dans l’eau, dans l’air, le sol, etc. Ils se déplacent facilement car ils ne se fixent pas beaucoup exceptés dans les graisses.

Pourquoi les phtalates sont dangereux ?

On les soupçonne (en fait c’est un peu plus que des soupçons mais c’est pas encore des certitudes) de perturber la reproduction des animaux et des humains. Ces risques semblent plus élevés chez les jeunes et les petits, voire les fœtus. Pour résumé : risque d’infertilité.

Malgré ces risques on les utilise dans de très nombreux processus industriels et comme ils sont partout, il est très difficile de s’en protéger.

Pour en savoir plus sur les phtalates : Wikipédia , Natura-sciences,

BPA ou Bisphénol A

Phtalates BPA, Bisphénol A formuleDe son abréviation BPA, cette substance est utilisée partout (plus de 50 secteurs d’activités) parce qu’elle est légère et résistante. De plus sa durée de vie est très grande et elle permet, par exemple, de neutraliser l’oxydation des parois de contenant. En Europe elle a été interdite (2015) dans certains produits comme les tétines de biberon, les contenants et ustensiles alimentaires.

Il migre facilement depuis tous les objets en contenant, particulièrement si on le chauffe. Il traverse la peau sans trop de difficulté, donc par simple touché des tickets de caisse imprimé avec de l’encre thermique par exemple, le BPA pénètre votre corps.

Pourquoi le BPA est nocif ?

C’est semble-t-il un perturbateur endocrinien, donc cela remplace nos hormones et le corps ne sait plus ce qu’il se passe et ce qu’il fait. Il suffit de petite dose pour que son influence se fasse sentir.

La justice européenne a confirmé, pour la seconde fois, vendredi 20 septembre 2019, la classification du bisphénol A comme perturbateur endocrinien. Voir l’article du 20min !!

Alors que faire ?

Enlevez tout le plastique de la cuisine, sauf si vous êtes sûr que votre plastique est exempt de BPA ! Plus de plastique pour l’usage alimentaire. Utilisez de l’acier inoxydable, du bois ou de la porcelaine. N’achetez que des conserves en bocaux (ou des conserves japonaises qui n’ont pas BPA depuis au moins 20 ans !), plus de boîtes de sardine ou de thon, car le BPA aime de déplacer dans les milieux gras. Plus de bouteille d’eau en plastique, de plats cuisinés en barquettes, privilégiez les surgelés. Votre vie va changer, c’est sûr mais le BPA c’est pas très bon pour votre corps ou alors il faut choisir 🙄 

Une étude de 2017 (désolé, c’est en allemand) démontre que nombre de conserves de grandes marques et de grand magasins contiennent encore du BPA. Conserve de thon, de tomates, de lait de coco et de maïs et même la choucroute. Environ 74% des échantillons contenaient du BPA ou ont été contaminé par le BPA.

pour en savoir plus : Wikipédia, ANSES

Les retardateurs de flammes

Phatalates BPA, Retardateur de flamme bromeDéjà par le passé, dans les année 1960-70,  les retardateurs de flamme ont créé la polémique notamment aux US pour leurs utilisation dans des pyjamas d’enfants notamment. Malgré leurs toxicités connues et documentées, on trouve certains retardateurs de flamme dans les objets quotidiens. Vous trouverez beaucoup d’informations sur internet sur la “dernière génération” les retardateurs de flamme au brome, les PBDE.

Phatalates BPA, ustensile cuisineLorsque l’on parle d’objet du quotidien, il faut comprendre les mousses, les matelas, les canapés, les appareils électroniques, la voiture et même dans certains ustensiles de cuisine (ceux recouverts d’une couche plastique souvent de couleur noir). C’est également dans les objets en plastique recyclé, ce qui pose un problème à la filaire de recyclage. En effet plusieurs de ces ignifugeants ont été retiré du marché car considéré comme trop dangereux, particulièrement les polluants organiques, ils ont été remplacés par d’autres produits …… dont la dangerosité est méconnue. Vous noterez au passage, que cette notion de dangerosité, est très difficile à évaluer. Les scientifiques et les spécialistes n’en sont, en fait, pas capables pour différentes raisons, donc souvent c’est un choix politique via le principe de précaution, je vous laisse imaginer les discussions et la difficulté des décisions.

Pour en savoir plus : Wikipédia, ASEF, rapport sur les véhicules hors d’usage

Conclusion, si on peut dire …

Les plastiques sont vraiment de merveilleux matériaux au sens littéral et ils sont d’une utilisation simple et efficace, mais malheureusement ce sont des matériaux artificiels et donc, il y a souvent des problèmes. Avantages et inconvénients quand tu nous tiens 🙄 

Après le visionnage de ce reportage, en prenant ma douche, je me demandais ce qui resterait dans ma salle de bain, si je veux supprimer tous les plastiques, époxy et peinture spécifique ……. pas grande chose en fin compte, même les toilettes n’y résisterait pas 🙄